TU7C 2017 vu par OZ1IKY

Où commencer et où terminer quand on veut décrire une DXpédition?
Je pense que le meilleur est d’aller du début vers la fin, et c’est ainsi que je vais vous raconter notre belle aventure en Côte D’Ivoire, TU7C.
Ce voyage commence pour ma part lorsque l’équipe de l’expédition de F6KOP découvre que je ne participerai pas à une autre aventure. Au même moment, j’apprends qu’il manque des  opérateurs CW expérimentés dans l’équipe.

Patrick F2DX cherchait également deux opérateurs CW, ayant une expérience des bandes basses.Cela, ni Andreas DL3GA, ni moi ne pouvions le refuser. Ainsi, dès le début, nous avons participé à la planification de l’opération sur les bandes basses. Nous avions déjà reçu quelques informations de l’équipe TU5MH qui avait déjà été un mois auparavant au même endroit.

L’organisation a duré plusieurs semaines, il fallait réserver le vol, l’hôtel, gérer l’obtention de la licence en collaboration avec l’AIGF,préparer les équipes sans compter que chacun devait être à jour du vaccin contre la fièvre jaune, et demander son visa d’entrée dans le pays.

Pendant ce temps, chaque week-end depuis Noël, au radio club toute l’équipe de KOPains a préparé l’ensemble du matériel, des heures de travail pour tester, fabriquer, emballer et peser les antennes ainsi que les amplificateurs et les transceivers. Nous tenons à remercier KENWOOD France pour leur coopération à la préparation de nos TS590.

L’informatique a également été retestée, certains PC n’avaient pas résisté au temps humide de la dernière expédition. La première maquette de notre site internet a également été mise en ligne progressivement.

Pendant notre expédition TU7C, les bandes risquent d’être bien occupées puisque 3 autres expéditions se dérouleront en même temps, 5U5R où se trouve F9IE membre de F6KOP, 9G5X et 9N7EI où se trouvent également 3 autres membres de notre club, EI9FBB, EI5GM et F8FUA/EI2KM.

 

C’est enfin le grand jour. Curieusement, peu importe le nombre de fois où je suis déjà parti, je suis toujours un peu nerveux avant le départ,mais je suis convaincu que c’est un bon signe. Le 9 Mars 2017 le matin (trop tôt) c’est le départ pour l’aéroport de Paris afin de  retrouver les autres membres de l’équipe. Les amis sont déjà arrivés de Provins avec le matériel et les antennes emballés, ils sont tous là ! Venus de toute la France, Allemagne, Belgique, Autriche et moi du Danemark.

Comme à chaque fois, il y a beaucoup de têtes bien connues, participants des expéditions précédentes, mais aussi quelques nouveaux visages. L’équipe F6KOP donne toujours une chance aux nouveaux opérateurs. L’avenir des expéditions est assuré grâce au mélange des opérateurs qui ont déjà eu des expériences de pile-up dans de grosses expéditions et de nouveaux venus.

Enfin réunis, nous allons à l’enregistrement… Tout doit être facile ! Le leader a tout géré avec Air France. Mais en fait, nous avons un gros souci. Le mât d’une Spiderbeam et le tube de l’antenne 6m sont trop longs. Ils font 1m63 et Air France n’accepte pas plus de 1m58, donc il faut payer un supplément de 300 euros pour chacun des deux colis. C’est parti, pour des discussions interminables en français, Dieu merci, je peux me tenir à l’écart. Nous ne souhaitons pas nous laisser faire, d’autant que nous avons un contrat avec  Air France. L’enregistrement a donc duré un peu plus longtemps que d’habitude, jusqu’à ce que tout puisse être réglé grâce à John F5VHQ et son statut « Platinium ».
Le départ de Paris est retardé d’une heure, certainement à cause de la grève des contrôleurs aériens. Lorsque nous arrivons à Abidjan, nous nous apercevons que deux valises de Frank F4AJQ manquent. L’une des valises, la plus importante, contient tous les câbles courts pour le raccordement des stations, tous les filtres de bande, les câbles pour les amplificateurs, tous les piquets de terre, les boîtiers des beverages, les plaques de branchements d’antennes et divers autres accessoires sont également dedans. Dans l’autre valise, il y a  toutes les affaires personnelles de Frank. Il n’a eu pendant 24 heures que sa tenue vestimentaire de métropole pour travailler sous 33°C avec un taux d’humidité important. Nous espérons que demain, avec l’avion du soir, les valises seront là.
Une fois sorti de l’agréable environnement climatisé de l’aéroport, nous avons un avant-goût de la température pour les 10 jours suivants… Il n’y a pratiquement pas de vent et il fait chaud comme en enfer. Je viens de quitter le Danemark et avec mes amis nous venons de quitter l’Europe du Nord et sa froideur.
Le chargement des bagages dans les deux véhicules relativement petits est un peu chaotique. La première partie du voyage se passe bien, mais lorsque nous quittons les routes goudronnées, tout est très différent. Les 4 à 5 km derniers kilomètres sont une aventure. Le sable semble pas assez tassé par endroit, nous devons alors tous sortir, creuser et pousser !

Arrivés à l’hôtel, nous sommes bien reçus par Catherine, la patronne et propriétaire de « La Maison de la Lagune » et l’ensemble de son personnel. Nous n’avons pas à nous soucier des bagages, le personnel s’en occupe. On nous attend afin de prendre un vrai repas. Il fait sombre de toute façon, donc les travaux de montage d’antennes sont exclus.

Le lendemain, vendredi 10 Mars, nous commençons le montage des antennes avec une température supérieure à 30°C. Frank décide de faire des équipes pour le montage des antennes et l’installation des stations et de l’informatique, Damien, Andreas, Philippe, John, Patrick, Herman, Kurt, Franck, Raymond, Henri et moi-même montons les antennes, Jean-Luc et Jimi installent les stations et l’informatique.

 

Dès 8h00 du matin, il fait assez chaud pour faire transpirer immédiatement un scandinave habitué au climat hivernal. En moyenne, il fait plus de 37°C en milieu de journée avec une humidité d’au moins 90%. Tous les travaux devraient être réalisés avant midi, sinon c’est de la folie de rester au soleil. Mais il faut reprendre l’installation vers 15h00 car en Côte d’Ivoire, il fait jour d’environ 06:15 à 18:30, est nous devons être prêt pour la nuit. L’obscurité arrive rapidement dans les latitudes sud. Souvent, il n’y a que 20 minutes entre le jour et le crépuscule.

Toutes les antennes sont érigées par l’ensemble de l’équipe mais bien sûr il manque le matériel se trouvant dans la valise. Même la GP 80m a pu être montée sous le soleil dans l’après-midi en « heures supplémentaires ». Patrick F2DX a réussi à installer le fil pour les deux B.O.G. (Beverage On Ground), mais il nous manque les transformateurs 1:9 qui sont aussi dans la valise. Ma K9AY que j’avais mise au point à la maison ne veut pas fonctionner ici. Notre plan originel de faire du 160m est compromis la première nuit, mais nous constatons plus tard que le 80m fonctionne comme dans un rêve, même sans l’antenne de réception!

 

Après toute une journée à installer toutes les antennes et les stations, nous commençons le trafic. Les ordinateurs fonctionnent bien, le réseau wifi est à peu près stable, et nous avons même internet sur un pc dédié dans la station. Nous pouvons donner des news à la famille.

L’ensemble des opérateurs est excité à l’idée de démarrer, et avec la pub que nous avons fait sur le super site internet de l’expédition, beaucoup d’amis nous attendent, alors nous décidons de débuter avec les 4 stations « barefoot » sur quelques bandes. Peu d’entre vous pensent que nos ferons du PSK63 et c’est une agréable surprise pour les petites stations.

 

C’était très sympa de générer de tels pile up en tous modes avec à peine 100 watts. Les bagages manquants arrivent finalement dans la nuit. Frank retrouve une tenue adéquate, et nous installons enfin les filtres et démarrons les amplis.
Nous réfléchissons à la raison du non fonctionnement de la K9AY que nous avons accroché en le haut d’un palmier. Après quelques discussions, nous pensons que le palmier n’est pas un mât en fibre, mais quelque chose de très vivant avec une bonne circulation d’eau à l’intérieur, ce qui a pu dénaturer la qualité de l’antenne de réception.

 

Dès le début du trafic, rien n’est stable. Il y a des pannes de courant. Jusqu’à 18 coupures dans la même journée. Nous avons l’habitude de ce genre de problèmes pour les opérateurs qui ont déjà fait de nombreux QSY en Afrique. L’alimentation en eau est un peu capricieuse aussi de temps à autre. Catherine nous explique que c’est lié aux travaux sur la route à Grand Bassam. Nous recevons des livraisons d’eau par camion plusieurs fois par semaine.

Un jour, il y a une panne de courant prolongée, mais cette fois ci, ce n’est pas l’alimentation principale. C’est le câblage africain de l’installation sur place, qui a fait qu’un câble a fondu. Le générateur auxiliaire n’est pas d’un grand secours cette fois.

 

Compte tenu de la situation géographique de la maison de la lagune : 200 mètres de sable entre la lagune saumâtre et l’océan salé, les antennes sont de simples verticales 1/4 d’onde sur 10, 12, 15, 17, 30, 40, 80, 160m et une VDA sur 20m fabriqué par John. Toutes les antennes sont mono bande, ce qui empêche les signaux indésirables sur les autres bandes et le QRM entre les stations. Bien que toutes ces verticales soient installées sur la plage de la lagune, toutes proches les unes des autres, nous ne nous sommes que rarement gênés, ce qui est loin d’être le cas lorsqu’on utilise par exemple plusieurs Spiderbeams 5 bandes.
Les QSO s’enchaînent assez facilement grâce au planning et à la gestion des stations.

Nous sommes 3 équipes de 4 opérateurs et une de 2 opérateurs sur une station mixte en libre-service.

 

Les 5 stations sont : une CW, une SSB, une RTTY, une 50mhz en mode balise, et une mixte SSB/Digi.
Les 10 et 12 m sont un peu décevant, mais nous devons probablement nous habituer à ces nouvelles conditions sur ces bandes avant le nouveau cycle solaire.

Toutes les autres bandes sont vraiment productives, vu le nombre de QSO. Même sur 160 mètres, nous avons enregistré 1,661 QSO dans le log, et ce n’est pas uniquement l’Europe et la côte est américaine. Il y a également dans le log,la côte ouest américaine, l’Amérique centrale, XE2 àVE6 et VE7 au Canada!

Nous contactons aussi  quelques très heureux japonais et plusieurs radioamateurs d’Amérique du sud sur la top-band.

Le 80 mètres est un rêve pour un scandinave, c’était presque comme dans une nuit d’hiver à la maison, le monde entier sur 80m en une nuit.

Malheureusement, les Européens n’ont pas toujours une grande compréhension sur le fait que ça n’est pas à leur tour à ce moment-là.

Toujours le même problème. Il faut comprendre que l’ouverture vers le Japon ne dure que quelques minutes! Alors quand l’opérateur demande spécifiquement ‘Only Japan’, respectez les demandes car nous devons être présents au moment de leur greyline.

L’Europe peut être contactée presque à tout moment depuis TU sur 160, 80 et 40 mètres.

 

Nous faisons également beaucoup d’heureux lorsque la GP 80m nous a été prise, sous notre nez, par l’équipe Digi, pour un new one sur cette bande et il en a été de même quand l’équipe SSB est arrivée sur cette bande.

Mais cela n’a pas de conséquence que ce soit en CW SSB Digi, nous sommes là pour faire plaisir et pour se faire plaisir, voilà le plus important ! Et je suis persuadé, que sur ce point, toute l’équipe a rempli sa mission.

 

Les objectifs de notre leader sont de 50000 QSO, car nos amis de TU5MH ont fait un super boulot quelques semaines avant nous et beaucoup pensent que nous n’arriverons pas à atteindre ces objectifs.

Nous avons bien étudié les logs de l’équipe précédente et nous ajustons notre trafic en fonction.

L’objectif principal est le 160 mètres et nous décidons de ne faire que de la CW sur cette bande, nous pensons réaliser 1000 QSO sur 160m et 1500 sur 80m.

Le bilan est donc positif puisque nous réalisons plus de 1600 QSO sur 160m (900 Européens et 700 Américains) et 1900 QSO sur 80m auxquels viennent s’ajouter les 1100 QSO SSB et les 1000 QSO Digi,ce qui porte le 80m à 4000 QSO !

Le 40m, déjà largement utilisé par des expéditions précédentes, n’est pas vraiment une priorité en CW, surtout quand on ne dispose que d’une seule station. Nous réalisons donc 1900 QSO CW mais par contre 3100 en SSB et 1400 en Digi ce qui porte le 40m à 6500 QSO !

 

Le 6m n’est pas productif. Après plus d’une semaine sans la moindre ouverture, nous pensons que nous avons monté la 6 éléments DXBeam fabriquée par Patrick pour rien. Dans les derniers jours, enfin le signal d’un EA5 sort du récepteur. Nous profitons de cette petite ouverture et d’une autre très courte le lendemain, pour réaliser, avec juste 100 W, 33 QSO avec essentiellement des EA et quelques I8, IT9, CT. Le sud de l’Europe est donc une nouvelle fois privilégié!

 

Nous avons eu peu de problèmes de brouillage. Cependant, nous avons de petits problèmes sur 80 et 160m parce que la B.O.G. en direction nord Amérique passe à côté de la GP 80m.

Nous avons amené un système d’accord Harpin qui a été ingénieusement construit et qui a grandement facilité l’ajustement de la GP 160 en L inversé.

Côté réception bandes basses, le terrain de l’hôtel ne se prête pas à l’installation de vraies beverages.

B.O.G. – Beverages On Ground: Patrick, Andreas et moi n’avions pas auparavant connaissance de cette antenne de réception. Autour de nous, de nombreux collègues ont contribué à fournir conseils et articles de divers magazines.

Chacune font à peine 70 m de long et les piquets de terre sont complétés par plusieurs radians. Nous ne ressentons le besoin d’utiliser ces antennes de réception sur 80 ou 40m car la réception est excellente sur les verticales. Par contre, elles sont indispensables sur 160m et ont parfaitement tenu leur rôle.

 

Une a été installée pour l’Amérique du Nord et une vers l’Europe / Japon, la BOG est assez large pour que ce soit possible. Le plus gros problème est que nous avons oublié un commutateur, c’est donc un branchement manuel par vissage et dévissage. Ça fonctionne mais c’est contraignant et surtout chronophage.

 

Côté puissance, nous n’utilisons que 500 W en SSB et en CW grâce aux bons vieux ACOM1010  et environ 700 W sur 160m grâce à mon ampli HVLA 700. Nous n’utilisons pas plus de 350W en Digi.

Nous avons certes un nouvel ampli ACOM 1200 que le fabricant nous a confié pour être testé dans les conditions difficiles d’une expédition. Il était prévu d’être utilisé en CW, principalement à cause du 160m. Ce prototype (N° 0000) n’a pas aimé de toute évidence le transport. Nous ne doutons pas que ce modèle sera abouti lorsqu’il sera commercialisé et qui sait, peut-être aurons-nous le plaisir de le faire rugir au cours d’une autre expédition.
Nous avions décidé avant notre départ de faire un QSO de démonstration avec le collège dans lequel travaille Claude, F5GVA.

Après les deux démonstrations réussies à faire écouter Thomas PESQUET depuis la station spatiale ISS à différentes classes du collège, nous décidons donc de tenter un QSO entre TU7C et le collège.

F5GVA avait préparé le projet auprès des responsables du collège et d’un professeur d’histoire-géographie Madame Sarah SALENGROIS, en mettant en avant l’aspect pédagogique.Cela tombe bien car le programme de 5éme et les activités E.P.I. (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires) traitent des sujets qui se rattachent à l’Afrique, développement durable, l’accès aux soins, protection des espèces.

Claude a obtenu l’autorisation d’installer l’antenne R5 sur la terrasse. Sarah SALENGROIS, a fait travailler les élèves sur une vingtaine de questions qu’ils nous poseront lors du QSO avec l’équipe TU7C.
Claude explique en détail l’activité radioamateur et les valeurs qui sont les nôtres ainsi que le but de cette expédition.

Le jour J à 13h00, F6KOP/P se signale sur 17 mètres et force est de constater que la bande est très bruyante, il en est de même sur 15 mètres. Les élèves se succèdent au micro mais les conditions de réception sont très inconfortables de part et d’autre, nous sommes obligés de répéter plusieurs fois les questions et, de son côté Claude retransmets à la classe les réponses de Frank.

Dame propagation est malheureusement aux abonnés absents et nous décidons à la onzième question de stopper nos efforts tant les conditions sont mauvaises.
Claude contacte Frank par téléphone pendant quelques instants pour un échange avec les élèves, ce qui redonne un peu le sourire aux participants.

Malgré ce demi-échec, les élèves sont très heureux d’avoir participé à cet événement et sont prêts pour une future tentative.

Claude a remis à chacun la carte QSL souvenir de F6KOP et le petit fascicule du REF afin qu’ils comprennent mieux notre activité.

Une fois de plus nous avons essayé de joindre l’utile à l’agréable lors d’une expédition de F6KOP.
La direction du collège nous félicite pour notre démarche et notre enthousiasme à partager notre passion, l’aspect pédagogique n’ayant échappé à personne. C’est une manière d’apprendre autrement.

 

 

Nous décidons entre deux shifts radio de nous balader à Grand Bassam.

Difficile de se rendre en Afrique sans s’imprégner des couleurs locales, il est important de découvrir, il faut ressentir l’Afrique et vivre certaines expériences, comme le fonctionnement du bureau de poste local, c’est une expérience à ramener à la maison.

Le marché est un mélange de couleurs avec les fruits et les légumes et d’odeurs avec les différentes épices.

En milieu de semaine, plusieurs personnes de l’équipe ont des problèmes intestinaux et même une otite.

J’ai aussi un début de mal au ventre, mais rien de grave, quelques comprimés et en quelques heures je suis sur pied.

Néanmoins, nous avons  droit à quelques vacations supplémentaires pour remplacer ceux qui ne peuvent pas rester assis trop longtemps. Nous rassurons Catherine, la propriétaire de l’hôtel, parce que ce n’est pas de la faute des superbes repas préparés par son personnel. Nos estomacs ne sont tout simplement pas prêts au changement de nourriture et à la chaleur.
De plus, nos avons les habituelles discussions au sujet de l’air conditionné, nous avons rapidement découvert que 22 degrés dans le local n’est pas nécessairement optimal, mais que le réglage se situe plutôt vers 25 – 27 degrés.

 

Certains d’entre nous choisissent, pendant leur temps libre, entre deux vacations de rester à l’extérieur de la cabane et de discuter ensemble à l’ombre en buvant une FLAG, la bière locale.

Il y a souvent durant la journée une légère brise venant de la mer.

C’est pour ainsi dire le point de rencontre de l’équipe, nous savons où se trouvent les KOPains.

Nous sommes souvent également assis de l’autre côté du chemin, au restaurant près de la piscine. Là, il y a toujours l’air frais de l’Atlantique.

Certains ont aussi mis leur maillot de bain pour se rafraîchir dans la piscine.

Pourquoi la piscine quand l’océan Atlantique est juste à côté ?

J’ai grandi près de la mer du Nord, et on ne se souciait jamais de la force du courant,on respectait la mer.

Ici on ne peut pas le voir mais le courant est vraiment très dangereux, même si on fait attention.

C’est agréable d’entendre et de voir les vagues de l’Atlantique Sud.

La piscine de l’hôtel était remplie de la même eau, avec une petite quantité de chlore. On peut se coucher tranquillement entre deux runs, face aux vagues de l’Atlantique, à 5 degrés de latitude nord.

Le petit déjeuner est servi sur la terrasse derrière le bâtiment principal, elle est réservée  uniquement aux clients de l’hôtel.

Le week-end, le restaurant est un endroit très populaire, on peut y rencontrer 100 personnes, voire plus. La plupart sont français ou d’origine française. L’endroit était en quelque sorte un lieu de rencontre pour les expatriés.

 

 

 

La photo d’équipe obligatoire est prise au cours de la semaine avant que John, F5VHQ ne rentre à la maison à cause de son travail. Nous faisons bien sûr, aussi fait les photos pour nos sponsors.

 

Le dernier soir avant de quitter la maison de la lagune et de prendre la route d’Abidjan pour prendre notre avion, nous arrêtons le trafic et nous nous retrouvons, toute l’équipe, pour le seul repas en commun.

En DXpédition, diner tous ensemble est quelque chose de très rare parce que l’on a ses vacations, on doit gérer son temps de sommeil et les moments de détente.

Si l’on veut qu’une expédition soit couronnée de succès, l’entente au sein du groupe est primordiale. Je n’ai absolument pas été déçu, et l’ambiance à TU7C était excellente. Le leader a également un rôle très important à jouer (avant et pendant l’expédition) et une nouvelle fois F4AJQ a parfaitement rempli cette mission.

C’était bien et je repartirai avec l’équipe de F6KOP.

 

Une bonne équipe, une bonne ambiance, des OM motivés, concentrés, sont à mon avis, les clés de la réussite globale de l’expédition.

La réalisation sur les bandes basses, de 1661 QSO sur 160 mètres depuis un pays africain proche de l’équateur est l’une d’entre elles.

Quantités d’adeptes de bandes basses, et pas uniquement sur 160m, mais aussi sur 80m ont été comblés et pour finir, les efforts sur les modes numériques avec une belle découverte du PSK ont sans aucun doute fait beaucoup d’heureux.

On peut y rajouter nos efforts concentrés afin d’offrir une chance aux zones difficiles à contacter, bien que de nombreuses stations n’étaient pas d’accord avec notre choix des continents, les ouvertures vers le Japon et d’autres parties d’Asie sur 80m et 40m sont très courtes, et plus encore sur 160m.

Nous avons quelquefois été surpris par des ouvertures qui n’étaient pas sur les prévisions que nous avions préparées, comme le Japon sur 30m à des heures inhabituelles.

Le dimanche nous avons tout démontons puis emballons l’ensemble du matériel.Les radians des verticales restent sur place, car ils ont passé toute la semaine dans l’eau salée. Lors de la prochaine DXpédition, ils ne seraient plus utilisables.

Lorsque nous quittons la maison le soir, pour prendre le taxi nous emmenant à l’aéroport d’Abidjan, nous pensons que notre aventure était terminée.

Mais non, nous avons à peine parcouru 500m après avoir dit au revoir à Catherine et à l’ensemble de son personnel, que notre taxi s’est ensablé. Nous sortons du véhicule et poussons après que le chauffeur du deuxième taxi soit parti chercher des planches. Cela se répéte 3 fois, nous sommes très en retard et nous pensons que nous allons être obligés de prendre un autre vol.
Le voyage retour vers Paris est moins dramatique qu’à l’aller et l’enregistrement des bagages se déroule sans incident. Bien sûr, il y a quelques petits détails, mais ils sont  rapidement réglés. Cette fois-ci, tous les bagages arrivent en même temps et nous vérifions tout deux fois. Tout est là !
En sortant de l’aéroport il ne reste plus qu’a dire au revoir aux membres de l’équipe. Et s’il y a quelque chose que je déteste, c’est bien de quitter mes amis après 12 jours d’expédition et de vie commune, cela est trop dur pour moi et je préfère utiliser auprès de mes KOPains l’expression que m’a appris Martti OH2BH: ‘Where do we go next ?

Cette belle équipe composée de F4AJQ Frank, F1ULQ Jean-Luc, F2DX Patrick, DL3GA Andreas, F1HRE Henri, F4AZF Damien, F4DLM Jimi, F4DSE Philippe, F5MFV Raymond, F5TVG Franck, F5VHQ John, ON4QX Herman, ON8KW Kurt et OZ1IKY Kenneth.

Je ne peux terminer ce récit, sans remercier toute l’équipe, mais également les membres de F6KOP (dont beaucoup ne figurent pas parmi les opérateurs) qui ont longuement préparé tout le matériel, et qui ont assuré leur transport jusqu’à (et depuis) l’aéroport. Merci également à Jean-Luc, F1ULQ, qui s’est occupé notamment des sponsors, du site internet, de la partie informatique, du log, et qui est maintenant QSL manager, et à Philippe F4DSE qui nous a permis de disposer de superbes T-shirts, polos, casquettes et banderole.
Toute l’équipe de TU7C se joint à moi pour remercier les 18.000 opérateurs qui nous ont aidé à entrer plus de 52000 QSO dans le log, Merci pour finir aux sponsors qui ont répondu présents, ainsi qu’aux donateurs individuels, les associations et professionnels qui nous ont soutenus et fait confiance en nous mettant à disposition un amplificateur, des casques et modifié nos émetteurs-récepteurs avant l’expédition.

 

Un merci spécial à la direction du collège Jacqueline de Romilly à Magny le Hongre, à madame Sarah SALENGROIS et à tous les élèves de la 5émeet à toutes les personnes qui ont rendu possible ce contact radio.

 

Un grand merci à l’AIGF et surtout à Monsieur Serge GNAYORO pour sa collaboration et son aide précieuse à la réussite de cette expédition.

 

Un merci particulier à Catherine FAYAL, ainsi que l’ensemble de son extraordinaire personnel, nous avons réellement passé de superbes moments à la maison de la lagune.

 

Sans votre coopération et votre contribution cette expédition n’aurait jamais vu le jour, merci

 

KENWOOD France.

DX BEAM.

DX AVENUE.

ADM AUTOMOBILES.

BATIMA.

WIMO.

ACOM.

SPIDERBEAM.

RADIOSPORT HEADSETS.

LZ3HI QSL.

WINTEST.

ATELIER GRAPHIK16.

CLUB LOG.

LA VILLE DE PROVINS.

LE CLIPPERTON DX CLUB.

L’UFT.

LE REF.

LE MEDITTERANEO DX CLUB.

L’ARSM.

TOKYO 610 DX GROUP.

LE LYNX.

LE DANISH DX GROUP.

LE LA DX GROUP

Ce fut encore une fois une autre grande expérience avec l’équipe de F6KOP, le Radio Club de Provins.
SUPER 73 ET 88,

Kenneth OZ1IKY et toute l’équipe deTU7C,

 

Les Statistiques :

 

 

Band 160 80 40 30 20 17 15 12 10 6  
CW 1661 1893 1913 1654 2945 3254 3379 926 578 33 18236
SSB 1127 3093 8237 4220 2282 1067 407 21033
RTTY 570 1109 1528 2086 2208 1659 523 62 9745
PSK 340 379 106 1082 522 568 195 141 3333
Total 1661 3930 6494 3288 14350 10204 7888 2711 1188 33 52347

 

Band 160 80 40 30 20 17 15 12 10 6 Total Total %
AF 7 30 68 31 134 119 121 107 55 0 672 1.3%
AS 29 167 841 776 1385 320 320 35 6 0 3879 7.4%
EU 920 2395 3207 1397 9140 7430 6838 2198 1090 33 34648 66.2%
NA 691 1293 2222 994 3544 2222 1120 311 27 0 12424 23.7%
OC 0 9 22 6 27 9 6 3 0 0 82 0.2%
SA 14 36 134 84 120 104 83 57 10 0 642 1.2%
Totals 1661 3930 6494 3288 14350 10204 8488 2711 1188 33 52347  

 

Band 160 80 40 30 20 17 15 12 10 6 Total Total %
France 45 231 297 173 802 637 564 303 171 0 3223 6.3%

 

http://tu2017dx.wordpress.com

 

Convention de Collonges-la-Rouge les 22,23 & 24 septembre 2017

C’est avec un immense plaisir que nous vous invitons les 22, 23 et 24 septembre 2017 à notre 39ème convention du CDXC qui aura lieu à Collonges-la-Rouge (19), en Corrèze. Cette année elle est organisée par notre ami F6CQU, Daniel.

Le Village Vacances VVF de Collonges-la-Rouge a été spécialement privatisé pour notre convention où le rendez-vous est prévu le vendredi 22 septembre 2017.

Plus d’infos sur la page dédiée à cette convention  cliquez sur ⇒ Convention 2017 de Collonges-la-rouge

 

H74B & H74W: CQ DE L’ÎLE DE MAÏS GRANDE (NA-013)

Par Josep, EA3BT & Núria, EA3WL

 

Depuis  notre dernière opération à Sao Tomé en tant que S9BT et S9WL qui s’est fini il y a seulement trois mois, nous n’avons eu que peu de temps pour préparer notre nouvelle expédition que nous avons projetée durant les semaines de Noël et du Nouvel An. Comme tout un chacun, nous avons repris nos activités professionnelles et le temps est donc passé très vite. Heureusement, le voyage a été réglé facilement et les licences ont été confirmées aisément (celles-ci sont arrivées alors que nous étions actifs depuis AF-023).

Cette fois, ce n’est pas seulement une DXpedition. Nous allons combiner nos deux grandes passions: les voyages et la radio. J’ai donc organisé une tournée autour des endroits les plus intéressants du Nicaragua au cours de la première semaine, puis pour la dernière semaine nous irons activer Big Corn Island (NA-013). Certes le pays n’est pas parmi les plus recherchés du DXCC, mais la référence IOTA n’a pas été activée depuis 13 ans, et nous sommes certains que ce IOTA sera très attrayant.

Puisque nous allons faire du tourisme, nous avons besoin de plus de bagages. L’accès à l’île du Grand Maïs ne peut se faire qu’en ferry après un long et inconfortable voyage de 8 heures ou bien dans un petit avion de La Costeña qui a des limitations de bagages. Nous avons finalement choisi l’option la plus rapide. Par conséquent, afin de respecter les limitations de poids, nous avons décidé que nous n’aurions seulement qu’une station de radio, au lieu des deux que nous avions transportés dans d’autres opérations. Au moins cette fois-ci, je pourrai profiter d’un peu du soleil lorsque Josep sera « on air ». A Sao Tome je n’en ai pas eu l’occasion. Cette fois, nous n’avons eu aucun doute avec l’antenne: ce sera l’EAxbeam qui avait été très bien transporté de S9, avec un dipôle en fil pour le 30 et 40 mètres, et l’Icom IC-7300 avec l’Ameritron ALS-600. Tout cela pour environ 100 kg de bagages, une minutie.

Le temps a passé, les vacances de Noël sont vite arrivées et notre départ pour le Nicaragua est imminent. C’est le plus grand pays d’Amérique centrale, mais aussi le plus pauvre et toujours le plus sûr. Le Nicaragua est quasiment inconnu  des touristes. Nous ne nous attendions pas à découvrir,  la gentillesse des habitants et ces merveilleux paysages avec sept volcans actifs.

Le 24, à 4 heures du matin, nous sommes partis pour l’aéroport El Prat de Barcelone. Au total, nous avons passé plus de 24 heures entre les avions et les aéroports. L’itinéraire est Barcelone-Paris-Atlanta-Managua. Le vol vers Paris est calme, mais nous ne pouvons pas dire la même chose à propos du vol vers Atlanta. Nous y arrivons à 14h30 heure locale et notre vol pour Managua est à 17h55, donc nous avons 3 heures et demi pour le transit, plus que suffisant pour changer d’avion. Mais le contrôle des passeports est très long. La file d’attente est énorme, et comme c’est Noël, les services sont minimes. Nous progressons lentement, il n’y a que trois officiers des douanes pour tous les voyageurs qui veulent passer le contrôle. Nous nous armons de patience (esprit de Noël) et après plus de deux heures d’attente, nous avons finalement passé la  douane. Heureusement, avec nos nouveaux passeports numériques, on espère qu’au retour, nous allons éviter de passer le contrôle des passeports et que nous pourrons utiliser les machines automatiques car nos passeports sont déjà enregistrés dans le système.

Nous récupérons nos bagages, et nous nous dirigeons vers notre nouvelle porte d’embarquement. On supposait que nos bagages devaient aller directement dans l’avion de Managua, mais juste devant nous était le sac avec l’antenne. Nous avons demandé à la seule personne que nous avons trouvé en service si cela était normal et elle a dit qu’elle ne savait rien, que si c’était là, nous devions le ramasser et le remettre au point de ramassage des bagages. Nous avons jeté un coup d’œil à travers les groupes de valises qui étaient autour de la pièce et nous avons découvert que nos deux autres valises étaient également là. Heureusement, nous avions vu l’antenne, car sinon, nous serions allé à Managua sans les bagages !!!

Avec tout cela, nous avons eu moins d’une heure pour monter dans l’avion, et nous n’avons rien mangé encore. Nous décidons d’aller à la salle VIP (rien à voir avec celle de Barcelone, c’est l’un des principaux aéroports internationaux aux États-Unis) et nous mangeons des sandwichs et une bonne bière. Nous avons commencé à nous détendre, puis très vite nous nous sommes rendu compte qu’ils appelaient déjà pour l’embarquement. Nous avons effectué les dernières 5 heures de vol, de façon  confortable et silencieuse, même si l’avion est complètement plein. Nous arrivons à Managua à 8h40 (3:40 heure en EA. Pour entrer dans le pays, nous n’avons pas eu besoin de visa et avons seulement dû payer les frais d’entrée de 10,00 $ par personne. Heureusement, il n’y avait pas beaucoup de vols et nous avons pu faire la paperasse assez rapidement, surtout si nous le comparons avec les douanes d’Atlanta. Le guide nous attend pour nous amener à l’hôtel. Nous nous reposerons un peu après ce long voyage de 24 heures. Heureusement, tous les bagages sont arrivés sans problème. Auparavant, nous devons passer le dernier contrôle, qui comprenait un contrôle de tous les bagages par une machine à rayons X. Les choses ne pouvaient pas être si faciles. Un agent des douanes nous a approchés et demandés ce que nous avions dans le sac de ski. Heureusement, cette fois-ci, nous n’avons eu aucun problème avec la langue et nous pouvions nous expliquer facilement que nous transportions notre antenne radio amateur. Nous avons montré les licences que l’Institut nicaraguayen des télécommunications et des postes (Telcor) nous avait données, ainsi que La facture des antennes et des équipements radio. Ils ont analysé les documents, qu’ils ont reconnus en ordre, mais ils ont indiqué que nous avions besoin du permis d’importation temporaire de l’antenne et des équipements radio, sans lequel il n’était pas possible d’entrer dans le pays. Le problème était que nous étions à la veille de Noël, et le bureau des impôts, responsable de la perception de la taxe à l’importation, a été fermé jusqu’au lundi matin, alors nous devons laisser l’antenne et l’équipement radio en attente et les retirer le matin du lundi 26 décembre, une fois les bureaux ouverts. L’ingénieur en télécommunications qui nous avait aidés dans le processus de délivrance des licences m’avait dit que nous n’aurions aucun problème pour passer la douane, mais si c’était le cas, nous devions contacter le responsable de Telcor qui avait ses bureaux à l’aéroport. Nous étions la veille de Noël et il était près de 10 heures le samedi, alors nous doutions qu’il y ait quelqu’un de Telcor. Nous avons demandé à appeler le responsable. Quelle a été notre surprise quand environ dix minutes après, le directeur de Telcor est apparu, mais cela ne nous a servi à rien, car il a corroboré que les permis d’exploitation étaient corrects, mais a confirmé que le permis d’importation était nécessaire. Nous avons insisté sur le fait qu’on nous avait dit que ce n’était pas nécessaire car nous n’allions pas laisser le matériel dans le pays. Malgré nos efforts et en essayant de leur expliquer que notre le retour à l’aéroport lundi matin était presque impossible, car nous serions de l’autre côté du pays et que cela signifiait refaire notre itinéraire nous ne les avons pas convaincus. Vu que nous n’avions aucune autre option, nous avons abandonné après avoir passé une heure à discuter. Avec tristesse, nous avons vu notre bien-aimé Icom IC-7300 placé dans une boîte de rhum Flor de Caña (le rhum national), fermé avec Bande d’emballage, ainsi que le sac d’antenne. Bien sûr, nous avons reçu un reçu du matériel.

Nous nous  sommes donc dirigés vers la sortie où notre guide était censé nous attendre, vu l’attente nous avions peur qu’il soit parti. Heureusement, il y avait le conducteur avec le carton indiquant nos noms avec un large sourire. Je suppose qu’il était soulagé de ne pas avoir perdu ses clients, malgré une attente de plus d’une heure. Nous lui avons expliqué ce qui nous était arrivé et lui avons demandé de nous emmener à l’hôtel pour se reposer. Heureusement, il était presque minuit et il n’y avait presque personne dans les rues (c’était la veille de noël). Nous avons décidé de sauter le dîner de Noël, car il était très tard et nous étions épuisés. Le lendemain, c’était Noël et nous nous sommes levés à 8h30. Nous avons commencé notre visite guidée de la ville de Managua. Nous avons apprécié notre premier petit- déjeuner à l’hôtel, avec 30 degrés de température et en fond sonore, de la musique de Noël, heh, heh.

La vérité est que je ne m’y habitue pas même si nous célébrons Noël depuis plusieurs années en manches courtes !!!. Edgar, le guide, est arrivé promptement et la première chose que nous avons faite était d’expliquer ce qui nous était arrivé la veille à la douane et que nous devions aller à l’aéroport le lendemain pour récupérer  l’antenne et l’équipement. Cela signifiait de repenser notre  voyage. Nous avons décidé de profiter de la visite de la ville. Nous avons visité les lieux les plus emblématiques: la colline de Tiscapa, la nouvelle cathédrale, l’ancienne cathédrale (détruite par le tremblement de terre du 23 décembre 1972 dans lequel les trois quarts de la ville ont été dévastés et plus de 11 000 personnes ont perdu la vie), la Plaza de la Republica , l’avenue Bolivar peuplée de dizaines de musiciens de Noël. Nous avons apprécié un bon repas.

Le lundi matin, nous avons chargé nos valises dans la fourgonnette qui allait nous transporter dans le pays. Nous nous rendons d’abord à l’aéroport, prêt à récupérer l’antenne et l’équipement. Nous sommes arrivés avant leur ouverture, mais nous n’étions pas les premiers. A 8h30, ils ont ouvert le bureau et un membre sympathique nous a assistés. En montrant nos meilleurs sourires, nous lui avons remis le papier qui nous a été remis à l’arrivée, et après avoir lu et parlé à d’autres personnes (parce que le bureau était plein de fonctionnaires), un garçon est allé chercher les deux paquets. Ils les ont ouverts, ont vérifié ce qui était à l’intérieur et sont arrivés à la même conclusion: il fallait payer la taxe d’importation. Nous avons accepté de payer, mais ce ne serait pas si facile. Ils ne pouvaient pas définir le taux parce qu’ils dépendaient de Telcor. Alors ils ont appelé le bureau à l’aéroport, et après une longue attente, un nouveau fonctionnaire est apparu, qui a examiné tous les papiers et a confirmé que le droit d’importation temporaire devait être payé, mais un document douanier manquait. Il a donné les instructions, et après près de 30 minutes, une personne est apparue avec les fameux papiers. L’employé de Telcor a recueilli les papiers et les factures de l’équipement, et est allé à son bureau, et nous l’avons attendue 30 minutes environ. Enfin, l’agent est venu avec le document béni, nous l’avons payé, après avoir attendu notre tour (plus de personnes étaient là pour collecter des paquets retenus à la douane) et après 20 minutes supplémentaires, nous avons finalement reçus l’équipement et l’antenne.

Étant donné que nous étions à l’aéroport nous sommes allés voir la compagnie aérienne locale La Costeña, qui devait nous emmener à Big Corn Island le 31 décembre. L’avion étant petit, nous voulions nous assurer que nous pourrions prendre tout le matériel. Nous avons choisi d’envoyer l’antenne à l’avance en payant bien sûr une nouvelle taxe. Nous étions désormais moins chargés et nous avons pu commencer notre voyage à travers le pays. Nous avons pu ainsi apprécier la gentillesse du peuple nicaraguayen, parler avec eux et admirer ses belles villes coloniales, comme Leon et Grenade, prendre un bateau pour les îles Grenade, visiter l’île d’Ometepe (la plus grande située sur un lac intérieur) ou visiter et admirer les 7 volcans actifs du pays. Beaucoup d’entre vous pouvaient voir les photos et nous suivre pendant notre voyage sur mon facebook (https://www.facebook.com/ea3wl), que je vous invite à visiter afin que vous puissiez voir à quel point le pays est magnifique. Et à la fin de chaque journée, nous dégustions une bière locale fraîche et savoureuse assis à la terrasse d’un bar de la place principale du village. La gastronomie est aussi excellente,en particulier le bœuf (Mmmmm !!). Notre guide Edgar, avec joie et gentillesse nous a conté ce merveilleux pays.

Le 31 décembre, nous sommes retournés à Managua. Le plaisir était terminé et il était temps de commencer notre aventure radio. Nous sommes arrivés à l’aéroport pour prendre le premier des 3 vols quotidiens qui font la route Managua-Big Corn. Nous étions ponctuels, je dirais les premiers, et nous n’avons eu aucun problème pour vérifier le reste de nos bagages. Le même type que nous avions vu le 25 était au comptoir d’enregistrement. Il se souvenait de nous et confirmait que l’antenne était arrivée sans problème à la destination. Nous avons dû attendre près de deux heures. Enfin nous passons l’embarquement et nous nous dirigeons vers un avion à deux cylindres et 40 places. L’embarquement était très rapide (nous n’étions pas nombreux, heh, heh) et nous avons décollé. Après une heure et 45 minutes, en s’arrêtant à Bluefields, nous avons vu apparaitre la petite île de Big Corn et nous avons atterri sans problème sur la piste qui traverse toute l’île.

Sorti de l’aéroport, nous chargeons nos bagages dans une Toyota Yaris pour nous rendre à l’hotel. Tous les taxis sont des petites voitures, car l’île est minuscule et il n’y a qu’une seule route qui dure environ 15 minutes, et le seul moyen de transport est le taxi ou le bus. Et les taxis sont partagés, alors, lorsque vous en arrêtez un, il peut y avoir déjà des occupants. Le tarif est fixe: 3,00 $ où que vous alliez. Nous sommes arrivés à l’hôtel Paraiso Beach et, après l’enregistrement, nous sommes allés au bungalow et avons immédiatement étudié le terrain pour décider où placer notre antenne Eaxbeam. La vérité est que nous n’avions pas beaucoup d’options, car parmi les bungalows il y avait de belles pelouses et des arbres rapprochés et des palmiers trop hauts.

Nous avons opté pour la seule option possible: utiliser un petit palmier qui se trouvait juste entre les deux bungalows, auquel nous attachions le mât télescopique que Mastilboom nous avait proposé. C’était le 31 décembre et nous avons dîné et fêté la Saint-Sylvestre dans le petit hôtel, mais nous voulions aussi terminer l’année en faisant de la radio. Nous avons apprécié un bon repas et nous sommes ensuite dirigés vers le «travail». Nous avons commencé à monter l’antenne EAxbeam que nous avons attaché au petit palmier avec des cordes. Nous avons attaché une poulie sous l’EAxbeam pour soulever les dipôles de 30 et 40 mètres, et nous avons commencé à élever le mât télescopique sans difficulté. Nous avons fini l’installation à 17 heures heure locale (23:00 UTC).

Une fois que nous avons vérifié que tout était prêt et que tout fonctionnait sans problème, Josep m’a donné le plaisir d’inaugurer notre nouvelle DXpedition et, enfin, à 18h17, heure locale, le 31 décembre, j’ai lancé notre premier CQ en 20 mètres. Nous avions atteint notre objectif d’être sur l’air le dernier jour de l’année … mais en fait il était déjà 00:17 UTC le 1er janvier 2017, alors nous étions pour la première fois dans le monde DX de 2017! ! H74W était déjà sur l’air, et mon premier QSO était avec VE3VEE. Une fois terminé, j’ai appelé mais personne d’autre n’est apparu. Puis KJ3L a répondu, mais après cela, un silence absolu. Cela n’avait pas l’air bien, et il semblait que Mme Propagation allait nous jouer un tour. Nous avons essayé d’essayer le groupe  d’antenne 40 mètres pour voir si nous pouvions trafiquer en Europe, mais nous n’avions pas beaucoup d’espoir, car il était 1 heure en EA, et vous étiez en fête. Qui viendrait à la radio à ce moment-là, tout en célébrant l’arrivée de la nouvelle année? Mais à notre grande surprise, après le premier CQ à 40 mètres, est apparu immédiatement EA7YU, et après lui, un bon pile-up. Après presque une heure et demi à la radio, j’ai abandonné le microphone et Josep a pu lancer son premier CQ en tant que H74B à 01:41 UTC et a fait son premier QSO avec N4SLR, puis contacté notre ami Fer, EA5FX à qui nous avons souhaité le nouvel an, un deuxième américain et le quatrième qso était notre président, Pedro, EA1YO. Nous avons fait le dernier QSO de 2016 pour nous (vous étiez déjà en 2017) avec Luismi, EA2LMI.

Nous sommes passés QRT puisque nous devions aller au dîner de la Saint-Sylvestre. Une bonne douche, car nous avons sué sous un soleil  de plus de 30 ° C pendant l’assemblage de l’antenne. Très beaux, nous sommes allés au restaurant où les tables étaient presque toutes occupées. Nous avons apprécié un dîner agréable, accompagné de musique, sous l’œil vigilant du «Burning Man», une grande pétale habillée et farcie de roquettes qui brûle dans un incendie dans le but de brûler le mauvais et l’ancien et d’accueillir le nouvel An. A minuit, nous nous sommes tous dirigés vers la plage, avec nos boissons et nos glacières remplies de bière, et ils ont commencé à préparer le feu de joie qui devait être le protagoniste de la nuit. Nous avons eu nos 12 raisins au rythme de la musique caribéenne. Nous avons apprécié la fête pendant un moment, mais avons décidé de nous endormir car nous étions épuisés et nous voulions nous lever tôt pour tirer le meilleur parti des heures de radio.

Le lendemain, à 7 heures du matin, Josep était de retour dans l’air, cette fois-ci en 20 M CW pour ne pas me réveiller. Et les QSO en télégraphie ont commencé à remplir le journal pendant les 3 prochaines heures. Ensuite il est allé à SSB, et après un bon petit-déjeuner, je l’ai remplacé sur 17 mètres, où les conditions étaient fantastiques. Josep et moi sommes allés à tour de rôle à la radio et ne nous sommes pas arrêtés, juste une petite pause pour le déjeuner et le dîner. Et donc jusqu’à tard dans la nuit, puisque les conditions de propagation en 40 mètres étaient vraiment bonnes vers Europe.

Nous avons eu de gros pile-up, qui ont dépassés nos attentes à Big Corn Island. Dans les derniers jours, Josep était essentiellement dévoué à la CW, et je n’étais actif qu’en SSB, pour éviter les éventuels dupes. Nous avons eu de très bonnes ouvertures avec l’Europe, avec des signaux fantastiques, surtout pendant les matinées et les après-midi, alors que les Américains entrent à tout moment en raison de la proximité, et les JA sont essentiellement entendus à l’aube et au coucher du soleil. Nous essayons de faire attention à toutes les ouvertures et d’échanger les bandes et les modes pour donner l’opportunité à tous. Malheureusement, nous n’avons pas actif en RTTY. Mais les pile-up étaient énormes en CW et SSB. Puisque que nous avons eu Internet, nous avons pu utiliser l’outil QSO Director (www.qsodirector.com) que notre ami Martin, A65DC avait configuré pour nous et qui nous a permis de suivre en temps réel les QSO qui étaient en cours, et éviter ainsi les « dupes » détestés. Cette fois, pas comme à Sao Tomé, nous avons pu profiter du bon temps et d’un soleil fantastique, alterné avec des averses occasionnelles, mais au moins pendant que Josep trafiqait, je pouvais apprécier agréablement le chaud soleil des Caraïbes et quelques bains fantastiques dans les eaux turquoises. Pendant ces jours-là, nous avons à peine quitté l’hôtel, pour faire une promenade en moto autour de l’île et apprendre à la connaître un peu.

Big Corn est célèbre pour ses homards et l’économie locale est basée sur la pêche, et bien sûr sur le tourisme. Heureusement, le tourisme est contrôlé et il n’y a pas d’immense complexe hôtelier. Ils parient sur le tourisme durable et j’espère qu’ils ne changeront pas de cap, ils garderont ainsi l’originalité de ce magnifique paradis. La population est fondamentalement colorée, car tous sont censés être des descendants d’esclaves noirs africains  qui étaient  sur un navire portugais naufragé sur les rives des Indiens Miskito et mélangé avec eux. L’anglais est la langue de l’île  parce que la région était un des lieux préféré des pirates anglais et plus tard des colons britanniques. Quel mélange de cultures!

Nous avons passé plus de 18 heures par jour à la radio. H74W était toujours sur SSB et H7B était sur SSB et CW. À la fin, nous avons ajouté 7 777 QSO à notre journal, dont 4 581 étaient en SSB et 3 196 en CW. Et, avec beaucoup de regret, nous devions rester QRT le 6 janvier à 14h41 UTC (heure locale: 8h41), car nous avons dû quitter l’hôtel à midi et prendre l’avion. Cela devait nous ramener à Managua à 16h00. Heureusement, le démontage est beaucoup plus facile, et nous avons réussi à être à l’heure. Après une dernière dégustation de homards, nous sommes retournés à l’hôtel, avons ramassé nos bagages et sommes allés à l’aéroport pour essayer d’être les premiers et ainsi nous assurer que tous les bagages étaient sur le vol. Après avoir pris les dispositions et payé à nouveau l’excès de bagages, nous sommes allés à la petite salle d’attente qui était bien remplie de tous les passagers du vol. L’avion est arrivé à l’heure, et à quatre heures de l’après-midi, nous avons quitté l’île de Big Corn et, pour la dernière fois, nous avons pu voir l’île de la fenêtre. Cette fois, le vol a été direct, alors, après un peu plus d’une heure de vol, nous avons atterri à Managua. Après avoir récupéré tous les bagages, nous sommes allés dehors et sommes revenus au chaos de la capitale. Nous avons attendu un moment l’arrivée du conducteur qui devait nous apporter la valise que nous avions laissée à Managua et nous ramener à l’hôtel pour passer la nuit et prendre le lendemain le premier des 3 vols qui nous ramène à maison. Un peu fatigué de homards, nous avons décidé d’aller dans un bon steakhouse (Asados ​​el Patio) et de profiter d’un bon Gator, une coupe d’environ deux livres et demi (environ 1 Kg environ) avec une bière Toña glacée. Mmmm, pour se lécher les doigts. Avec notre ventre plein, nous sommes allés dormir et le lendemain, très tôt, nous sommes retournés à l’aéroport. Nous sommes montés à bord, payant à nouveau pour les excès de bagages, mais nous n’avons eu aucun problème à passer tous les bagages à la douane. A 8h30, nous sommes partis de Managua et avons commencé notre voyage en arrière, un peu triste de laisser derrière nous un pays fantastique, authentique et amical qui doit encore être découvert, mais satisfait des bons résultats obtenus et de la bonne propagation. Après 3 vols, nous sommes arrivés le lendemain, le 8 janvier à Barcelone. Lorsque vous lirez ces Lignes, nous aurons probablement déjà fait les îles Bijagos (AF-020) en Guinée-Bissau pendant la Pâques 2017!

Voici quelques informations sur l’opération: • indicatifs utilisés: H74B et H74W • Informations QSL: via EA3BT, De préférence via OQRS de Clublog • Nombre total de QSO: 7 777 • Durée de l’opération: 5 jours et 14 heures (1er au 6 janvier 2017) • Modes utilisés: SSB et CW • Bandes activées: 10, 12, 15, 17 , 20, 30 et 40 mètres. Equipement utilisé: • Station: o Icom IC-7300o Ameritron ALS-600 amplificateur linéaire Power supply  – Heil headphones o Ordinateur portable • Antennes: o 1 EAxbeam pour 10, 12, 15, 17 et 20 mètres o dipôle fil pour 30 & 40 mètres.

Nous tenons également à remercier toutes les associations et les entreprises qui nous ont aidé dans ce projet: Clipperton DX Club- Lynx DX Group- Unión de Radioaficionados Españoles- ARCAT – Association des Radioaficionats de Catalogne- Section Comarcal URE del Garraf- EAxbeam- Hambuy- Astroradio- Mastil-Boom Et aussi: – Martin (A65DC) pour nous permettre d’utiliser son Outil, directeur de QSO et configuration du système Jose (EA5WP) pour la conception de notre logo-Antonio (EA3KK) pour nous aider avec la préparation technique.- L’ingénieur Melania Ortiz de TELCOR pour son aide dans le processus de licence.- Mike, Jazz et tout le personnel du Paraiso Beach Hotel à Big Corn Island pour nous avoir  servi si merveilleusement pendant notre séjour

Je ne veux pas oublier encore une fois notre fils Marc, qui nous a toujours soutenu dans tous nos projets et nous a encouragé à faire ce que nous aimons.

Meilleurs 73 et au plaisir de vous entendre lors de nos prochaines dxexpéditions.

 

 

XX9D – MACAO

Alors que nous étions assis ensemble au bord de la piscine, au Sri Lanka l’année dernière, nous avons essayé de trouver une réponse à la question que tout planificateur d’expédition se pose : où allons-nous ensuite?

Les membres de notre équipe ont préféré les destinations du Pacifique dans le passé mais ont dû intégrer un nouveau paramètre pour la future expédition : la propagation est en train de ralentir pour les 5 à 7 prochaines années. Une expédition réussie avec un nombre modéré de QSO pourrait seulement être faite à partir d’endroits proches des radioamateurs d’Europe, du Japon et d’Amérique du Nord. Après réflexion, nous nous sommes dit que Macao serait un endroit attrayant puisqu’en bonne place sur plusieurs listes des DX les plus recherchés. Les conditions étaient réunies pour des pile-up 24 heures sur 24.

L’équipe a commencé à recueillir des informations et les préparatifs ont commencés:

Qu’en est-il des dernières expéditions à Macao ? Qui pourraient nous être utiles à Macao ? Qu’avons-nous appris lors de nos dernières activités sur les îles Marshall et Sri Lanka? Nous avons contacté DL8LE, PG5M, IK7YTT et XX8LT (Bom) car ils ont chacun une expérience réelle de Macao. Ils nous ont soutenus avec des informations et ils ont fait le lien avec l’hôtel Grand Coloane Resort, qui a répondu de manière très satisfaisante à nos demandes.

Dans un premier temps, avec l’aide des services de l’hôtel, nous avons fait des choix et pris des dispositions pour les circonstances et les défis spécifiques auxquels nous serons confrontés. Par exemple: des embases spéciales pour tenir nos 5 mâts sur le sol des balcons ont été usinées à l’avance, la salle de trafic réservée au dernier étage allait être pensée à l’avance.

La partie sérieuse de la planification a commencé après que nous ayons obtenu le «feu vert» des autorités des télécommunications de Macao. Nous avons reçu également notre call XX9D. Nos considérations clés étaient: opération 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec 10 opérateurs et 3 à 4 stations actives, 4 émetteurs-récepteurs K3 et amplificateurs de 500 watts; 5 antennes de 160m à 10 mètres, 2 filtres de bande pour chaque bande, un triplexer de 1,5 kW, des filtres à courant alternatif et des câbles à faible perte … et le tout pour un poids minimum dans nos bagages.

Nous avons eu un vol très confortable de Francfort à Macao via Pékin. Arrivés à la douane de Macao, nous avons demandé au personnel qui a été amical avec nous, de faire une déclaration d’importation pour nos émetteurs-récepteurs … Il a fallu un certain temps pour leur assurer que nous avions besoin d’une telle déclaration. Ils ont fini par confisquer nos émetteurs-récepteurs et nous ont demandé de les prendre le lendemain avec les papiers nécessaires. Quoi qu’il en soit, 2 heures plus tard, nous sommes arrivés à l’hôtel, le Grand Coloane Resort … un véritable hôtel 5 étoiles. Le déballage a été effectué en peu de temps et nous avons commencé le montage des antennes. Grâce aux informations détaillées concernant l’hôtel et les environs que nous avions, la mise en place des 5 mâts avec leurs antennes, y compris l’haubanage, l’adaptation et l’accord, ne nous a pris que 6 heures le lendemain.

LES TROIS AGENTS DE CONTRÔLE

En même temps, les émetteurs-récepteurs et les licences ont été récupérés au centre-ville et nous étions prêts pour l’équipe d’inspection PTT. Trois agents amicaux ont été dépêchés pour vérifier tous les équipements et les antennes que nous avions mis en place. Après quelques questions, nous avons eu un grand OK pour notre opération.


 

 

L’équipe autour du «chef» Rolf DL7VEE était composée de 10 opérateurs allemands éprouvés, plus Bom XX9LT de Macao, qui nous a visité presque tous les jours et qui a été intégré au plan d’opérations. Il était de loin le plus jeune membre d’une équipe dont l’âge moyen était de 67 ans.

Le premier QSO a été avec RU4LM sur 17m CW. Notre planning : Jour et nuit des vacations de 4,5 heures de travail avec 3 à 4 stations actives. 30/40/80/160m pendant la nuit, les bandes supérieures bien sûr pendant la journée. Les conditions sur 40 et 80m étaient meilleurs que prévu. Le 160m avec plus de 1000 QSO nous a étonnés autour du lever du soleil. Nous aurions pu faire mieux avec une antenne réceptrice spéciale sur 160 ainsi que sur 80m.  Nous avions des antennes verticales pour le 30-40-80 et 160 mètres, des antennes à bande delta pour le 12 et 17 mètres et une beam pour le 10 à 20 mètres. Dans l’ensemble, les antennes se sont bien comportées. Grâce à la stratégie double filtre, nous n’avons eu aucune interaction entre les stations actives. De plus, nous n’avons eu aucun problème avec le bruit de l’hôtel. Malheureusement, certains des filtres à haute puissance ont grillés, ce qui a entraîné la panne de l’un des K3. Un jour plus tard, un de nos amplificateurs KPA 500 est aussi tombé en panne. Elecraft en Californie nous a envoyé les pièces de rechange nécessaires et, quelques jours plus tard, nous avons réussi à faire fonctionner les 4 stations. Les taux quotidiens de QSO nous ont permis d’atteindre notre premier objectif de 30 000 QSO, ce qui nous a permis d’atteindre en finalité 45 000 QSO dont 65% étaient en CW, 18% en RTTY et 17% en SSB.

La partie de la communauté mondiale de radio amateur la plus difficile à contacter de Macao est l’Amérique du Nord, mais nous avons quand même pu réaliser  plus de 3000 QSO, dont près de 1000 sur 160/80/40m. Malheureusement, nous avons lu quelques commentaires négatifs dans notre livre d’or avec des plaintes concernant notre trafic.

Je suis certain que nous avons fait de notre mieux avec les circonstances particulières du site et une propagation très inférieure à celle que nous avions au cours des 10 dernières années. Merci au ciel, nous résidions dans un hôtel 5 étoiles qui possède un restaurant fantastique, une piscine et un personnel très sympathique et serviable. Les meilleures conditions pour les loisirs après un déplacement intensif ou une nuit (parfois) frustrante sur les bandes basses.

Dans l’ensemble, nous avons quitté Macao de bonne humeur avec le sentiment de nous être bien comportés, notamment sur les bandes basses. Comme promis dans nos publications, les téléchargements OQRS et LoTW ont été effectués, les QSL sont imprimées. Consultez notre page d’accueil www.xx9d.mydx.de.

Un grand merci au Clipperton DX Club pour le soutien, ils ont vraiment rendu cette expédition abordable pour les membres de l’équipe et nous sommes sûrs que nous ne les avons pas déçus.

Werner Hasemann DJ9KH

XU7MDC

Le Méditerranéo DX Club active une rareté pour les amateurs des bandes basses et de RTTY

 

Asie: terre de spiritisme, de capitalisme d’État sans frein, de culture millénaire et de pauvreté chronique, de contradictions éternelles et insolubles, et pourquoi pas, même une seconde demeure pour le Méditerranéo DX Club.

Les premières  invitations à participer à l’expédition du MDXC 2016 sont envoyées début mai. A la réception du mail d’Antonio, IZ8CCW, j’ouvre de suite avec fébrilité la pièce jointe,  parcours rapidement les lignes jusqu’à ce que je trouve l’information que j’attendais : « Cette année, nous allons au CAMBODGE ».

« Si vous avez aimé le Vietnam, vous allez adorer le Cambodge », semble dire Antonio, co-leader avec Gabriele I2VGW des expéditions du MDXC.

L’estimation du coût est raisonnable (environ 2000€ par personne). La période est toujours la même, début novembre, idéale car c’est la fin de la saison des pluies, et avant le début de la saison touristique. Je prête  peu d’attention à l’annonce que cette année les conditions d’hébergement seront  plus « spartiates » qu’au Vietnam en 2015. Mais nous allons au Cambodge pour faire de la radio, pas du tourisme.

Pourquoi de nouveau l’Asie, et pourquoi le Cambodge?

Malgré le fait que l’Afrique soit à notre porte et si riche en pays « most wanted », le MDXC s’est concentré depuis quelques années sur l’Orient. Après les visites du Népal, de Brunei,  du Bangladesh et en 2015 du Vietnam, logiquement le choix s’est porté maintenant sur le Cambodge.

Qu’est-ce qui nous pousse vers ces pays, parfois difficiles? I2VGW, répond: « L’Asie représente pour le MDXC un endroit irrésistible, captivant de par la confrontation des  cultures, la complexité des relations avec les populations locales, les difficultés inhérentes à ces QTH si éloignés et différents de ce à quoi nous sommes habitués,  qui nous oblige à nous adapter en permanence, culturellement  et techniquement, et, à ouvrir nos esprits trop concentrés sur notre culture occidentale.

Le fait que la saison touristique soit encore au point mort en raison de la fin de la saison des pluies, nous aidera à trouver plus facilement un hébergement  répondant aux exigences stratégiques radiophoniques.

Le Laos était également une possibilité cette année, peut-être plus recherché par les Européens que le Cambodge, mais son manque d’ouverture sur la mer et la rapidité des autorités cambodgiennes qui nous ont permis d’obtenir les licences en quelques jours, nous ont finalement fait opter pour ce dernier.

Le Cambodge occupe la 136e place parmi  les « Most Wanted » (par comparaison, la France se classe 334éme ), mais l’analyse détaillée des données des pays indochinois, attirent l’attention. Tout d’abord, sur la base de l’analyse de 18 000 logs en provenance d’Amérique du Nord, il se classe à une 56e place beaucoup plus intéressante pour nos amis américains et, deuxièmement, sur la totalité des 56 000 logs mondiaux analysés, le Cambodge est indiqué comme une entité rare (c’est-à-dire présente dans moins de 5% des logs analysés) pour les bandes basses et les modes numériques (source: www.clublog.org ).

Au Cambodge, contrairement au Vietnam, il n’y a pas d’activité radio amateur permanente, et encore moins d’association nationale de radioamateurs ; en recherchant sur QRZ.COM, nous remarquons que les quelques indicatifs attribués sont accordés exclusivement à des étrangers. À l’heure actuelle, le plus actif (peut-être le seul) de ceux-ci est Willheim « Wim » Elbers, XU7TZG (également ON6TZ), à qui nous consacrons un espace dans ces pages. Outre les expéditions et les touristes de diverses nationalités, actuellement au Cambodge il n’y a qu’un seul autre radioamateur permanent, un prêtre italien qui officie à environ 500 km de Sihanoukville.

 

La longue approche

Petit à petit l’équipe se constitue et les mois qui précédent son départ sont dédiés à la révision des antennes et des équipements et à leur conditionnement pour l’expédition. Une attention particulière pour une remise en état complète est accordée aux quatre antennes Spiderbeams, durant l’été par Michel, F5EOT et Marco, IZ2GNQ lors de plusieurs sessions à Milan. Malheureusement, au dernier moment, Michel devra renoncer à l’expédition, mais Marco, son adjoint, le remplacera admirablement. Il disposer d’un matériel pleinement  opérationnel.

Simultanément l’autre « homme-antenne », le vétéran Mario, IK4MTK et Fabio, IK4QJF, nouvel arrivant dans le groupe ont testé de nouveaux systèmes d’antennes pour bandes basses qui doivent répondre aux exigences de fonctionnement dans un environnement maritime,  aux contraintes de transports avec un volume et un poids minimal et, dans la mesure du possible, utilisables sur plusieurs bandes.

La DAE Télécommunications d’Asti propose de tester deux IC7300 récemment mis sur le marché. Un K3, un K2 et un IC7200, complètent la liste des transceivers qui  seront  amenés. Les amplis seront des ACOM 1000, un excellent compromis entre poids, fiabilité et résistance aux conditions de fonctionnement pas toujours favorables.

Pour gagner du poids, de nouveaux conteneurs Cordura remplacent les lourds tuyaux en PVC pour le transport des antennes et du matériel nécessaire aux stations. En tout c’est  plus de 400 kg de matériel divers qui seront emballés pour les besoins du voyage.

Parallèlement aux travaux techniques, les problèmes administratifs et logistiques  sont réglés par d’autres OM.

Pour pouvoir entrer au Cambodge un visa est nécessaire. Heureusement, moyennant environ 40$ chacun pourra obtenir son sésame très facilement grâce au service en ligne du ministère Cambodgien des Affaires Etrangères.

L’équipe

Comme l’expérience l’a démontré à d’autres occasions, il est conseillé de conserver au moins 80% d’OM aguerris dans la composition de l’équipe. L’insertion de trop de nouvelles recrues non expérimentées, expose à un risque de perte d’efficacité des opérations, voire un échec total.

 

Comme l’a souvent rappelé Gabriele, I2VGW, citant N2WB, YT2AD et K3LP, maîtres dans l’organisation d’expéditions «Il ne suffit pas d’être de bons opérateurs radio pour être inclus dans une expédition DX». Outre les qualités d’opérateur, les facultés d’adaptation au travail en équipe, la capacité de coexistence dans des environnements de vie restreints, avec des collègues issus de milieux et de nationalités différents, n’ayant parfois jamais cohabité auparavant ensemble, sont d’égale valeur.

Contrairement à un concours où il peut y avoir une équipe technique en support des opérateurs, en expédition, chaque membre doit nécessairement disposer d’un «bagage complet» de compétences techniques et de qualités opérationnelles, qui lui permettront d’agir efficacement  pendant  toutes les phases de l’expédition. Du montage et démontage des antennes, à la gestion des plans de bandes et des pile-up, il faut être autonome tout en respectant toute position hiérarchique d’une équipe et les objectifs définis à l’avance. Toute contribution est précieuse, sous quelque forme que ce soit, mais elle ne doit être assurée que dans le but d’améliorer l’efficacité globale des stations. Le travail doit être accompli rapidement sans laisser de place à des ambitions personnelles  ou de quelque nature que ce soit.

Tout cela n’est pas toujours facile, surtout dans un monde très individualiste  comme celui du radio amateurisme. Un conflit dans un environnement stressant est toujours possible, surtout lorsqu’il surgit entre OM se connaissant peu, entre lesquels  la confiance ne s’est pas encore établie. Celle-ci ne pouvant se créer dans un environnement inconnu, que par la compréhension mutuelle. Certainement le monde des expéditions DX n’est pas adapté pour les personnes qui ont tendance à se prendre pour des « prima donna ».

En dépit de ces exigences essentielles, le nombre de participants à une expédition MDXC ne peut pas être inférieur aux 20-22 participants pour des raisons liées au coût du transport du matériel et pour assurer la présence de 5 stations sur l’air 24 heures sur 24. Chaque absence d’un ancien est extrêmement préjudiciable car il devra être remplacé par une personne qui puisse offrir les caractéristiques décrites ci-dessus.

C’est pour cela que chaque année le MDXC ajoute quelques nouveaux opérateurs à l’équipe. Nous profitons de cet article, pour saisir  l’occasion de solliciter des offres de participation pour les expéditions futures. Des opérateurs spécialistes dans les modes numériques seront particulièrement bienvenus, mais quiconque  se reconnaissant dans le profil décrit ci-dessus est invité à se faire connaître  à Antonio.(iz8ccw@mdxc.org).

 

Jeudi 3 novembre: Allons-y

 

La veille du départ, les Om déjà arrivés, participent à une réunion de coordination au Radio Club de Busto Arsizio.

Comme chaque année, les membres d’ARI Busto, dirigés par IK2VUC Giuliano, mettent à notre disposition tous leurs moyens et leurs installations pour accueillir les OM venant de tous horizons, en les récupérant à leur arrivée dans les différents aéroports  Milanais, en leur offrant  un délicieux dîner, « la fameuse  pasta partie » qui se termine par le non moins rituel  gâteau de Roberta (XYL de Gabriele, I2VGW) et le jour du départ, en transportant les membres de l’expédition et l’ensemble du matériel à l’aéroport international de Malpensa.

Ces personnes ont travaillé pendant des années dans les coulisses des expéditions du MDXC, sans eux, les choses seraient beaucoup plus difficiles, et il n’y aura jamais assez de mots pour les remercier.

Jeudi matin, le point de rendez-vous se trouve aux comptoirs d’enregistrement du vol de Thai Airways à destination de Bangkok  prévu à 13h05. Lors de l’enregistrement nous retrouvons la longue ligne habituelle de chariots surchargés des 400 Kg de matériel amené par nos amis du radio club de Busto Aritso, les habituels visages terrifiés des agents de la compagnie aérienne qui doivent s’occuper de l’enregistrement ainsi que le mécontentement des passagers qui attendent derrière nous.

Les enregistrements se font malgré tout relativement rapidement et, surtout, sans paiement d’une surtaxe pour le surpoids des bagages, chose toujours redoutée. Sur ce point les leaders ont été inflexibles en exigeant seulement 10kg d’affaires personnelles pour chacun des opérateurs, pas un gramme de plus, les 20 autres kilos disponibles par passager étant exclusivement réservés à l’équipement.

En piste!

Après un voyage de 15 heures sans problèmes avec une escale à Bangkok, une fois arrivés à Phnom Penh, nous récupérons l’ensemble de la demi tonne de bagages et,  préparés au pire, nous nous rapprochons du contrôle douanier, innocemment, dans la file de ceux qui n’ont rien à déclarer.

Le problème le plus épineux pour une expédition est toujours le passage en douane. Partout dans le monde, les agents des douanes sont des personnes chargées de récupérer le plus d’argent possible pour le compte de leur pays, et éventuellement, dans certains cas, pour eux-mêmes. Ce travail délicat et rémunérateur est réalisé en vérifiant méticuleusement  tout ce qui traverse la frontière dans les bagages, même ceux du simple voyageur. Il est facile d’imaginer l’intérêt suscité par le passage d’une telle quantité de matériel radio et d’antennes liées à une expédition radio amateur. Incroyablement, l’agent des douanes cambodgien, une fois informé par notre leader que nous ne sommes que de simples radioamateurs, prend nos formulaires de déclaration en douane et nous laisse passer sans problème.

Encore surpris de notre bonne fortune, nous nous frayons un chemin parmi la foule qui attend à l’extérieur du terminal des arrivées. Nous sommes rejoints par les membres indonésiens de l’équipe qui étaient arrivés quelques heures plus tôt  et par  Wim, XU7TZG, notre contact local. Dans un parking à proximité un bus nous attend pour nous amener sur les lieux de l’expédition: Le Ream Beach Hôtel à Sihanoukville.

La plage de Rama

La proximité de l’aéroport international de Sihanoukville avec le QTH choisi pour l’expédition avait inspiré l’idée de profiter d’un court vol domestique (45 minutes de vol contre les quatre heures de route). Mais l’impossibilité de réserver ces vols depuis l’Europe et notre méfiance envers les compagnies aériennes locales, nous ont fait définitivement opter pour la solution routière plus longue mais sûre.

Ce choix n’a pas été sans incertitude, car la moitié du temps du voyage a été consacrée à nous sortir du trafic infernal de la grande pagaille de la capitale, tandis que l’autre moitié s’est effectuée sur des routes plus libres et plus rapides mais pas très sûres où toutes sortes de véhicules cohabitent. Nous découvrons que les règles et le style de conduite local sont vraiment particuliers, avec des dépassements parfois très dangereux. Tony, F8ATS, qui travaille comme chauffeur de transport public à Paris, a estimé que notre «pétillant» conducteur ne conserverait pas au maximum  plus de 30 minutes son permis dans n’importe quelle ville européenne. Les 2 roues, omniprésents, transportent un nombre très variable de passagers sans respecter les règles de circulation.

De toute évidence, essayer d’expliquer par e-mail à un hôtelier cambodgien nos besoins était presque impossible. Heureusement  lors de la préparation, pour résoudre les problèmes nous avons eu  l’aide de Wim XU7TZG, qui réside dans les environs. Deux visites sur place lui ont permis d’évaluer positivement un emplacement et d’avoir le feu vert par la direction de l’hôtel pour installer les équipements radio.

L’hôtel qui nous attend est situé dans le parc national Ream, à environ quatre heures de voyage de Phnom Penh et à une demi-heure de route de Sihanoukville. Le choix de ce QTH est le résultat de diverses évaluations, dont la localisation géographique avec son dégagement sur les principaux axes de trafic (Eu, JA, NA), la durée non excessive du trajet depuis la capitale et la présence de structures à notre disposition pour l’établissement des stations radio et de vie du groupe.

En arrivant en début d’après-midi, et après une rapide inspection, nous avons remarqué que:

– Les chambres sont à quelques dizaines de mètres de la mer.

– Nous avons à notre disposition 200 mètres de plage d’environ 4 mètres de large.

– La mer est habituellement calme, donc le rivage n’est pas affecté par la marée qui pourrait mettre en péril la stabilité de toutes les antennes placées là.

– Nous avons deux jetées parallèles qui s’étendent dans la mer sur environ cinquante mètres et distantes d’environ 100 mètres l’une  de l’autre.

– Il y a deux zones libres derrière la plage, à côté de notre hôtel, qui sont plus ou moins inutilisées.

Nous notons également avec regret que la seule colline de la région  (environ 200m de hauteur) est située exactement en direction du Japon en short-path et du Nord Amérique par le long-path, heureusement, nous jouissons d’une excellente ouverture pour l’Europe.

Les opérations d’installation du matériel commencent immédiatement.

Un groupe s’occupe de la mise en place des stations  dans deux chambres situées aux extrémités du bâtiment et donnant sur la plage. D’autres groupes prennent soin du montage des antennes, en donnant la priorité au 4×4 pour le 40m SSB et la verticale pour le 80m CW afin d’être opérationnel dès le soir. Vers 12 heures UTC, 18h00 locale, l’obscurité tombe rapidement mais nous pouvons déjà commencer à mettre quelques calls dans le log avec 3 stations sur l’air, une dans chaque mode.

Le samedi 5 au lever du jour, nous démarrons les quarts de trois heures pour chacun des opérateurs afin d’émettre 24 heures sur 24. Les opérateurs qui ne sont pas de service, aident à installer les dernières antennes. Au milieu de la matinée du deuxième jour, les cinq stations sont opérationnelles (2 SSB et 1 RTTY dans le même shack, 2 CW dans l’autre). Malheureusement pour des raisons de poids liées au transport des équipement, le trafic sur 6m n’a pas été prévu.

 

La routine

Pour permettre la présence sur l’air des 5 stations 24 heures sur 24 les OM sont répartis en  cinq équipes de 3 opérateurs, un par poste de travail, sur des quarts de trois heures de trafic. Grâce à cette méthode d’horaires décalés tout au long d’une journée chacun peut «vivre» les différents cycles de propagation quotidiens, depuis le pile up du début de soirée avec l’Europe, jusqu’à la tranquillité mortelle du milieu de la matinée.  Quand toutes les stations sont opérationnelles et que les équipes tournent normalement, chacun à leur tour les membres de l’équipe peuvent profiter d’un jour de liberté pour se reposer ou faire un peu de tourisme.

Chaque opérateur était responsable du choix de la bande et des antennes, cela, de façon compatible avec les autres stations. Cette situation d’autonomie de l’individu dans le choix des bandes, déjà expérimentée au Vietnam, a conduit à une flexibilité extrême pour s’adapter aux conditions de propagation d’un QTH inconnu, laissant beaucoup de place aux « instincts de chasse » des opérateurs.

Malheureusement, la proximité des antennes a donné lieu à des problèmes d’interférences entre les bandes et les modes, phénomène presque inconnu au Vietnam, où l’espace disponible était nettement plus grand.

Pour la SSB et le RTTY situés dans la même pièce la coordination était «forcée».  Pour chacune des trois stations il n’y avait qu’un seul filtre passe-bande disponible par bande. Mais les interférences entre la CW et les autres modes utilisés sur une même bande étaient devenues habituelles.

Pour être juste, cependant, il y a aussi eu de nombreuses périodes d’inactivité, parfois en raison  de l’orientation incorrecte de l’antenne en fonction des conditions de propagation à un moment donné, ou à l’utilisation d’une bande fermée à cause de l’indisponibilité d’antennes sur les bandes ouvertes, ou à la baisse d’attention de l’opérateur RUN, ou à une communication insuffisante entre les opérateurs.

 

Splatters, «Humm» gênants et autres bruits d’interférence, la non disponibilité des bandes génératrices de pile-ups pendant les ouvertures, ont peu à peu miné la capacité des opérateurs à gérer efficacement leur trafic. Au bout de quelques jours, un certain degré de mécontentement s’est répandu parmi les groupes en raison de ces soudaines interférences, parfois involontaires, parfois non. Le problème du a la proximité des antennes était inévitable et en fait, il continuera à nous embêter jusqu’à la fin de l’expédition.

Le niveau de «frustrations» montant, dû à la différence d’expérience (réelle ou auto-perçu ?), aux habitudes de fonctionnement et aussi aux différents milieux culturels nécessita  une intervention décisive des deux chefs de l’expédition pour éviter que ne se crée une sorte de guerre des gangs. I2VGW a décidé d’arrêter momentanément le trafic pour s’adresser à toute l’équipe.

Le style MDXC a toujours été loin du style militaire utilisé par certaines expéditions, laissant à l’opérateur une extrême autonomie «à l’italienne». Cependant, quand cette autonomie, au lieu d’aller dans le sens commun, tend à créer la division et l’amertume, alors les participants doivent être rappelés à l’ordre, même si cela oblige les responsables à hausser le ton.

«Le Respect de chacun» obtenu par l’échange mutuel d’informations et l’obligation de demander l’autorisation de changer de bande, est devenu à partir de ce moment le «mantra» de l’expédition.

Cela n’a pas éliminé totalement le mécontentement, mais laisser une bande ouverte en faveur des collègues opérant déjà sur la fréquence ou diminuer d’environ 30% sa puissance pour limiter les interférences sur les autres bandes, a au moins rendu les opérations plus efficaces. Dans les bandes avec une ouverture de propagation limitée, comme le 10m, il s’est avéré beaucoup plus utile d’alterner les différents modes pendant les quarts, plutôt que de chercher à faire la dernière  station japonaise.

Quoi qu’il en soit, avez-vous déjà essayé d’enlever à un dogue affamé l’os qui lui a été donné par le boucher? Ce serait beaucoup plus facile que d’essayer de retirer un opérateur de son pile-up.

Il y a eu quelques nouveautés cette année. L’aide d’un service de prévision de propagation Internet géré par K6TU (www.k6tu.net) a mis à la disposition des OM intéressés une page web dédiée au quotidien «point à point» pour XU7MDC. Parallèlement, les cartes de couverture de VOACAP (www.voacap.com), étaient toujours valables et fiables. Une autre nouveauté a été l’utilisation du service de QSO Director (http://www.qsodirector.com/) conçu et entretenu par A65DC (SA6MIW), Martin et TF8KY, Keli. Il s’agit d’un système de Log on-line en temps réel. Une fois le QSO terminé, l’OM peut trouver presque instantanément sur la page web appropriée la confirmation de son contact. Comme un «bonus», ce système fournit également l’indicatif des opérateurs de service, juste pour savoir qui est à blâmer pour la longue attente … Le principal avantage de ce service est de réduire drastiquement les contacts en double (ou triple, quadruple …) sur le même mode et la même fréquence.  C’est ce qui se passe généralement lorsqu’un OM ​doutant de la validité du contact qu’il vient de faire ou tout simplement de la prise correcte de son indicatif par l’opérateur, revient immédiatement dans le pile-up pour faire un nouveau QSO et va même réessayer de nouveau dans les jours suivants. Le phénomène est préoccupant, en considérant que l’expédition au Vietnam, l’année dernière, a enregistré 2500 dupes sur les 50000 QSO (soit 5%). Ce fut du temps volé à ceux qui avaient vraiment besoin de faire le contact en particulier pour les ATNO. Avec ce système, le nombre de dupes dans les logs de XU7MDC a chuté sensiblement à 1100 (3%), ces derniers proviennent principalement du RTTY  en raison de l’incompatibilité entre le logiciel utilisé, Logger32 pour la transmission des contacts vers le serveur de QSO Director et à des problèmes du réseau informatique hôtelier pour les autres modes même si ces problèmes ont partiellement pu être résolus en «craquant» le serveur et les points d’accès WIFI du REAM pour réaffecter des adresses réseau correctes et exclusives à nos ordinateurs.

Pour les intéressés, l’écran est toujours accessible: www.mdxc.org/xu7mdc/log-search/

Épilogue de XU7MDC

Comme dans toutes les histoires,  même les meilleures, tôt ou tard il faut une fin. Quelques jours avant le départ, commencent les discutions avec l’équipe sur la meilleure stratégie pour effectuer le démontage tout en gardant les stations le plus longtemps sur l’air. Après quelques négociations, nous avons décidé de rester actifs jusqu’à l’aube du jour du départ, sur 40m pour la SSB et 80m pour la CW. Le reste du matériel étant démonté l’après-midi précédent. Cela se fit parfois brutalement (ceux qui étaient dans le pile-up du dimanche 13 sur le 12m SSB l’auront remarqué …).

Dans la matinée du 14 novembre, après avoir éteint et emballé la dernière station, nous reprenons la route  de l’aéroport de Phnom Penh avec notre chauffeur à la conduite «FUN». Là, après de bonnes négociations financières avec la compagnie aérienne pour l’enregistrement des bagages, nous commençons notre vol de retour à la maison.

Résultats et considérations

Sur la base de l’attractivité de la destination choisie pour l’activité radio et du déclin des conditions de propagation, les organisateurs s’étaient fixés un objectif de 35000 QSO dont 7000 en RTTY et une attention particulière pour les bandes basses et le continent Américain.

Les résultats sont conformes malgré les aléas d’une propagation avec des jours avec 0 taches solaires et des SFI inférieurs à 70 et d’autres avec d’importantes perturbations géomagnétiques, des indices A désastreux  qui ont provoqués des blackouts avec de grands moment de solitude pour les opérateurs.  35438 QSO furent faits, dont 6712 QSO en RTTY et environ 9000 QSO sur les bandes basses  et ce malgré notre proximité de l’équateur et le QRM apporté par les lumières à leds de mauvaise qualité de l’hôtel et de tout l’éclairage public environnant. Le bruit aux alentours  à 59+20 dès l’allumage des réverbères a occasionné d’énormes difficultés de réception surtout sur les bandes basses (https://www.youtube.com/watch?v=SP2y-2iQJt8). Pour en diminuer les conséquences désastreuses  quotidiennement  et souvent  en vain, plusieurs antennes  de réception ont été  montées et essayées. Une beverage bidirectionnelle coupant la route s’est avérée inefficace à cause de la proximité de l’éclairage public, diverses BOG (Beverage On the Ground) le long de la plage  trop «sourdes» et finalement une Pennant de style vaguement K9AY en direction de l’Europe accrochée dans les branches d’un arbre rempli de fourmis rouges affamées, le plus loin possible des sources de rayonnements parasites fournira la moins pire des solutions. Nous aurions voulu faire beaucoup plus, mais, et ce n’est pas faute d’avoir essayé,  au vu de ces paramètres cela n’aura pas été possible.

En parcourant les tableaux de Clublog, vous remarquerez que l’expédition a effectué une moyenne de 3400 QSO par jour, avec un pic de 4671 le 7 novembre et une nette baisse le 9 et 10, jours de zéro tache solaire. La plus grosse partie du trafic a été faite, comme d’habitude, avec l’Europe (21000 QSO), suivie par l’Asie (y compris l’inépuisable Japon) avec 12000 contacts. Seulement 618 stations Américaines contactées, malgré  toute l’attention qui leur a été portée, à la fois sous forme d’appels exclusifs qu’avec des spots sur le cluster. Les bandes les plus efficaces ont été le 15, 20 et 40m (environ QSO 6000 chacune), suivie par le 17 avec 5000. Environ 11500 calls uniques ont été contactés, et, plus de 700 opérateurs ont pu faire un new one.

Pour les amateurs de statistiques, beaucoup plus de données, éditées par Clublog sont disponibles sur le site de l’expédition, (www.mdxc.org/xu7mdc/543-2/).

Bien que les objectifs soient globalement atteints, notre regret a été de ne pas avoir pu faire entrer plus de stations Nord-Américaines dans le log. Malheureusement les conditions de propagation n’ont pas permis de faire mieux .

L’expédition DX, dans cette formule Internationale, opposée à celle «entre amis» qui reste néanmoins valable, soulève des questions intéressantes d’un point de vue anthropologique et psychologique. Il n’a pas toujours été facile de rassembler un certain nombre d’individus, déjà naturellement groupés par nationalité, ou attitude à l’égard de l’activité radio (dans ce cas presque tous les Italiens opéraient en phonie et presque tous les francophones en télégraphie). Probablement une «militarisation» de l’expédition aurait rendu les opérations «plus faciles», mais ce n’est pas tout à fait dans le style du Méditerranéo DX Club et en général de nous les Italiens.

Dès leur retour, les organisateurs ont commencé à travailler sur la prochaine expédition pour 2017, qui pourrait être une surprise !

Alors qu’ils s’activent, nous « péones » allons devoir patienter jusqu’en Mai prochain pour attendre le mail d’Antonio, IZ8CCW qui annoncera officiellement la prochaine destination, pendant que vous tous, affûterez vos antennes, et vérifierez que les rotors ne sont pas bloqués à l’est…

 

Dario,  IZ4UEZ

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